Vocabulaire du costume médiéval

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Lévan
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Vocabulaire du costume médiéval

Messagepar Lévan » ven. 22 juin 2018 10:12

Tina Anderlini, chercheuse associée au CESCM, Poitiers
Cosconv 2018


Les noms changent d’un lieu et d’une période à l’autre ; un même terme peut représenter des choses différentes.
Haut Moyen-Âge : peu d’informations.
Milieu du Moyen-Âge : les choses se mettent progressivement en place, d’où un certain désordre.
Bas Moyen-Âge : pas mal de renseignements.
Les travaux de Viollet le Duc en matière de costume doivent être fortement corrigés.
Au XIIIème siècle, le costume est à peu près mixte, basé sur le féminin ; au XXème siècle, le costume redevient mixte, basé cette fois sur le masculin.

Les sous-vêtements

Termes génériques : cotte-linge, robe-linge (désigne la robe, ou bien chemise et braies), drap-linge (XIVème siècle)
"Linge" vient de "lin" ; "lange" vient de "laine".
Il existe un lin très fin : chainsible <note : pas de référence trouvée ; peut-être une erreur de ma part>
Le byssus peut être soit un lin très fin, soit du poil de moule.
La chemise XIIIème de Saint Louis est très serrée au poignet, cousue/décousue tous les jours
Les braies ne sont visibles que pour travailler dans les champs (un peu comme de nos jours on se met parfois torse nu pour certains travaux), mais c’est à peu près tout.
On a trouvé des chausses d’évêque du XIIIème siècle en mérinos, renforcées par un morceau de parchemin là où l’aiguillette est accrochée
Auqueton : vêtement matelassé de coton, aussi trouvé en militaire. Couvre les cuisses.
Pelisson : porté entre la cotte et le surcôt, en fourrure, dès le XIIIème et beaucoup au XIVème siècle. Couvre les cuisses.
Pourpoint ou doublet sont synonymes.

Les vêtements de dessus

La chainse : on a longtemps cru que c’était la chemise. C’est vrai au XIXème, mais au Moyen-Âge, il y a le (et non la) chainse. C’est un vêtement de dessus, porté à la place du bliaud, blanc, féminin. Mais il n’apparaît que dans la littérature ; peut-être est-ce une métaphore de la séduction féminine. Il a peut-être existé au XIIème siècle, porté par des jeunes femmes.
Le bliaud : vêtement typique du XIIème, en soie, plissé, d’après Viollet le Duc. En fait on ne sait pas du tout comment s’appelait ce type de vêtement. La mode est passée une fois qu’on a fini par en retrouver dans les statues d’églises.
La robe contient 2 ou 3 pièces (jusqu’à 6, de préférence du même tissu), le tout appelés « garnements » :
  • la cotte (c’est la base), pas montrée, sauf dans le privé
  • le surcôt, ouvert ou fermé (au niveau des manches), avec ou sans manches. Désigne des choses différentes entre la France et l’Angleterre au XIVème.
  • la chape (avec beaucoup de plis, fait pour sortir ; fin XIIIème, à une époque où l’Eglise demande de réduire les bijoux et ornements, on compense l'absence d'accessoires par une abondance de tissu). Elle est appelée garde-corps par Viollet le Duc.
En Espagne, on trouve des vêtements spécifiques très serrés sur le torse :
  • la saya, lacée d’un côté, mesure une trentaine de cm de plus que le corps ;
  • la pellote, grand surcôt, à peu près de la même taille que le corps.
Pas seulement en Espagne, la robe peut faire une vingtaine de cm de plus que la personne qui la porte ; plus on est dans la haute société, plus elle dépasse.

XIVème siècle
En Espagne, on fait disparaître tout ce qui lie aux Arabes
La cotte devient « cotte simple »
Le surcôt devient « cottehardie », de plus en plus décolletée, éventuellement avec des boutons.
Surcôt à porte (ou fenêtre) d’enfer : très long, ouvert sur les côtés sur les jambes. C’est une tenue d’apparat jusqu’au XVIème siècle.

Le vêtement est de plus en plus serré, bombé, inspiré du militaire.
Puis une nouvelle couche supérieure apparaît : la houppelande, très longue (y compris les manches), qui peut s’ouvrir (ou à col rond). La mode passe en 1435, mais elle continue à être porté.

XVème
La gonnelle est la robe au sens actuel du terme
La robe à tassel est très ajustée.
Ce qui est alors appelé « fourrure » doit être comprise en tant que « doublure ». On utilise
  • du vair : petit gris (écureuil nordique gris-bleu)
  • du menu-vair : peau blanche cernée de gris du même écureuil
  • de la zibeline (ou sable)
  • du bièvre (ou castor)
  • pour les pauvres : lièvre, lapin, agneau, chat (recommandé pour les religieuses)
Il est interdit d’utiliser des espèces ou des qualités différentes (sauf pour l’hermine, en ajoutant un peu de noir).
Le vison est inconnu ; il vient d’Amérique.

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